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Les médecins ne sont pas nécessairement de bons vulgarisateurs ou n’ont pas toujours le temps d’expliquer tout dans les moindres détails. (Shutterstock) Isabelle Carignan, Ph.D., Université TÉLUQ ; Adèle Gallant, Université de Moncton; Annie Roy-Charland, Université de Moncton; Marie-Christine Beaudry, Université du Québec à Montréal (UQAM) et Rony Atoui, MD, MSc, FRCSC, FACS, Northern Ontario School of Medicine Qu’est-ce qu’un pontage ? Quels sont les risques liés à ma chirurgie cardiaque ? Le domaine de la santé peut être difficile à comprendre et à expliquer. En effet, interpréter les informations médicales demande un niveau de littératie élevé pour les patients et les membres de leur famille. Dans ce cas, lorsque l’on parle du développement de la littératie médicale (ou littératie en santé ; health literacy en anglais), c’est le fait, pour un patient, de pouvoir lire, écrire et parler de son état de santé et des différentes étapes à venir pour favoriser son bien-être personnel. Nous sommes un groupe de chercheurs provenant de l’éducation, de la psychologie, de la santé et de la médecine. La littératie médicale est un domaine que nous développons ensemble depuis quelques années. Mieux

Il y a deux arts qui ne paraissent rien avoir en commun entre eux, la parole qui contient l’art de persuader au moyen des émotions et l’art de convaincre au moyen des concepts et la médecine qui traditionnellement vise à soigner. Alors que le premier s’adresse à l’esprit, le second porte sur le corps. Tout semble donc les opposer, pourtant, il y a une relation étroite et des influences réciproques entre ces deux arts. La médecine doit se situer à la croisée de l’art de convaincre, mais aussi de persuader. Dans le Gorgias de Platon, il y a une opposition entre la Philosophie qui se prétend dépositaire du savoir et de l’art de convaincre et la Rhétorique, qui revendique pouvoir persuader, dans l’ignorance du sujet, par la faconde. Elle conduit Socrate, défenseur de la première posture à l’équation suivante (465b-e) : « ce que la toilette est à la gymnastique, la cuisine l'est à la médecine, ou plutôt que ce que la toilette est à la gymnastique, la sophistique l'est à la législation, et que ce que la cuisine est à la médecine,

Le traitement par ventilation à pression positive continue (dit PPC) augmenterait de manière significative les chances de survie des patients souffrant d’apnée du sommeil selon l’étude ALASKA réalisée à l’initiative de ResMed, spécialisé dans les solutions innovantes pour le traitement des troubles respiratoires liés au sommeil et acteur de la santé connectée. ALASKA s’est appuyé sur les données de 176.000 patients, issues du Système National des Données de Santé (SNDS) géré par la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM). Les analyses semblent mettre en évidence que les patients adhérents à leur traitement PPC aient 39% plus de chance de survie que les patients qui arrêtent la PPC au cours de la première année. « Le traitement de l'apnée du sommeil par PPC peut aider à vivre plus longtemps ; c'est la principale conclusion à tirer de cette étude » indique Daniela Ehrsam-Tosi, directrice des affaires médicales Europe chez ResMed. « L’implémentation de stratégies visant à assurer l’utilisation de la PPC dans la première année est importante et peut contribuer à une amélioration de la survie globale des patients » Cette seconde analyse, portant sur la corrélation entre

L’École Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) est à l’origine, dans le cadre du Blue Brain Project, d’une initiative qui vise à combattre le Covid-19. Pour ce faire, un outil d’intelligence artificielle a analysé près de 400 000 articles scientifiques afin de comprendre pourquoi certaines personnes contractent des formes graves de la maladie et d’autres non. Une problématique importante qui pourrait avoir trouvé une potentielle solution : un fort taux de sucre pourrait être un des facteurs engendrant les formes graves du coronavirus. Le machine #learning pour extraire et analyser une grande base de données de publications scientifiques Des chercheurs de l’EPFL ont publié un article mettant en avant l’outil d’IA qu’ils ont conçu afin d’analyser des centaines de milliers d’articles scientifiques et d’extraire les contenus pertinents dans la lutte contre le Covid-19, qui est désormais à l’origine de plus de 4 millions de décès à travers le monde, dont 112 000 en France. Cette publication a été rédigée par une vingtaine de chercheurs dont Emmanuelle Logette et Hanry Markram, tous deux chercheurs à l’EPFL. Les chercheurs ont développé des modèles de machine learning pour extraire

La téléconsultation s’attaque à la dénutrition des personnes fragilisées : NutriD : 1ère plateforme dédiée à la nutrition La dénutrition, résultat « d’un déséquilibre entre les apports et les besoins de l’organisme », affecte 2 millions de patients en France, dont 270 000 en EHPAD et 400 000 personnes âgées à domicile. Dans un contexte de crise sanitaire sans précédent qui bouleverse le fonctionnement de la consultation médicale, comment en prévenir les symptômes et consulter un professionnel malgré les restrictions de déplacement ? La téléconsultation semble s’imposer comme une des solutions efficaces pour répondre à cette problématique (5,5 millions entre mars et avril 2020). Cette solution palie la désertification médicale et permet aux personnes vulnérables d’obtenir une aide rapide et sans risques de contamination. NutriD, la première plateforme de téléconsultation dédiée à la nutrition des personnes fragilisées Fort de ce constat, Nutrisens, spécialiste de la nutrition clinique et de l’alimentation médicale, a développé NutriD, la première plateforme de téléconsultation dédiée à la nutrition des personnes fragilisées : personnes âgées, personnes isolées et à mobilité réduite, patients atteints du COVID-19, ou bien encore patients en sortie d’hospitalisation. Cet outil

Si certaines sociétés françaises ont des ambitions à l’international, plusieurs groupes étrangers visent le marché hexagonal. Même s’ils se heurtent encore aux particularités de notre système de santé. Les acteurs français de la télémédecine n’hésitent pas à regarder au-delà de nos frontières : Doctolib s’est lancé en Allemagne en 2016, #Concilio compte des clients à l’étranger, #Medaviz y réfléchit à moyen terme… Mais la réciproque est aussi vraie. Le rachat de #MédecinDirect par le nord-américain Teladoc Health en 2018 a été l’une des premières illustrations des visées des acteurs non hexagonaux. « Il y a beaucoup de vues sur le marché français. À nous de garder le contrôle de nos champions. Les mois à venir seront cruciaux pour la structuration de notre secteur », souligne la fondatrice de #Medaviz Stéphanie Hervier. Chiffres 40 M€ : la première levée de fonds de l’opérateur de télémédecine Medadom, réalisée fin 2020 outre-Manche auprès de G Square. 455 M€ (553 M$) : le CA 2019 de Teladoc Health, leader mondial des services de santé. Celui de MédecinDirect était de 2 M€ avant son rachat. Gare aux #Gafa Le Suédois Kry a ainsi lancé Livi

Un stéthoscope doté d'intelligence artificielle afin de détecter la signature acoustique du Covid-19 dans les poumons est en phase finale de développement aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Il mesure aussi l'oxygène dans le sang et la température. Médecin aux HUG et professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Genève, Alain Gervaix recueille des bruits respiratoires depuis 2017 pour concevoir ce stéthoscope numérique intelligent, le "pneumoscope". Alors que le projet avait à l’origine été élaboré pour mieux diagnostiquer la pneumonie, le coronavirus a réorienté ses travaux. Encore en phase de développement, le stéthoscope électronique fonctionne comme l'application Shazam qui permet de reconnaître un morceau de musique sur la base d'un court enregistrement. L'asthme ne fait pas le même bruit que la bronchiolite, la pneumonie bactérienne ou le Covid-19. Connecté à un smartphone ou à une tablette, le stéthoscope est ainsi capable grâce à un algorithme d'intelligence artificielle d'identifier la maladie du patient. Un algorithme développé par l'EPFL "Nous accumulons de plus en plus de données sur le Covid-19 et sur d'autres maladies, c'est assez long car il nous en faut énormément", explique le Pr Gervaix.

Avec une croissance continue mais un peu molle, la téléconsultation avait du mal à répondre aux espoirs de l'Assurance maladie. C'était sans compter sur le confinement qui a rebattu les cartes de la consultation à distance. Mais pour poursuivre sur sa lancée, la téléconsultation va devoir assouplir ses règles. Passer de 60 000 consultations remboursées fin 2019 à 19 millions en 2020, voici l’exploit que vient de réaliser la téléconsultation. Le marché a profité de la crise qui clairement obligé les Français·es à modifier leurs habitudes pour se soigner et éviter d’engorger des urgences déjà bien saturées. Le gouvernement a également contribué à son ouverture en assouplissant les règles préalablement imposées pour réaliser ces consultations. Mais ces fameuses restrictions pourraient bien revoir le jour dès le 1er juin prochain. La téléconsultation fonctionne enfin Louée depuis un peu moins d’un an par un grand nombre de médecins et de patient·e·s, la téléconsultation a connu des débuts plutôt chaotiques. En annonçant son remboursement par la sécurité sociale en 2018, l’Assurance maladie avançait le chiffre pour le moins optimiste de 500 000 consultations remboursées dans l’année. À l’heure

C’est la 3e vague de ce baromètre réalisé par l’institut Odoxa pour l’agence gouvernementale du numérique en santé (en partenariat avec le Mag de la Santé de France 5). Et il confirme la montée en puissance de la télémédecine. Et même son explosion, à la faveur d’une crise sanitaire et de confinements qui n’ont pas toujours laissé d’autre choix aux malades et aux personnels soignants. Plus de 3 000 patients et 500 médecins et infirmier(e)s ont été interrogés pour ce sondage, entre octobre et novembre 2020. Il ne précise pas le nombre réel de téléconsultations effectuées durant l’année, mais s’intéresse à sa progression : 14 points supplémentaires en un an, soit une multiplication par trois du côté des patients. La hausse est encore plus spectaculaire chez les médecins généralistes : 70 points supplémentaires, soit une pratique de la télémédecine multipliée par 6,8. L’institut insiste cependant sur un point : la progression du recours à la télémédecine a nettement ralenti à partir de juin, à la levée du premier confinement. L’essayer, c’est l’adopterCar le contexte de la crise sanitaire n’est évidemment pas étranger à ces résultats : 42% des personnes interrogées ont eu recours

Vous souhaitez vous faire vacciner contre la Covid et vous pensez prendre rendez-vous via la plateforme Doctolib ? On vous explique comment procéder ! La vaccination contre la Covid, une procédure assez simple sur le papier

La crise sanitaire a accéléré les choses. Dans la Vienne, la téléconsultation en libéral a explosé. Patients et médecins s’y mettent. Paroles de praticiens qui ont sauté le pas. C’est indéniable, sans la crise du Covid, nous n’aurions pas autant téléconsulté, confie le docteur Philippe Boutin, médecin généraliste aux Couronneries, adepte de la visio depuis mars 2020. Selon la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de la Vienne, « de mars à novembre 2020, près de 75.000 téléconsultations en libéral ont été effectuées ». L’an dernier, sur la même période, on comptait « moins de 200 téléconsultations ». 330 médecins sur 450  dans la Vienne téléconsultent. Dans la Vienne, 450 généralistes consultent. « 330 médecins ont mené au moins une téléconsultation sur la période mars-novembre. » L’accompagnement financier aux plateformes (comme Doctolib, Qare…) a fortement incité les praticiens à sauter le pas. « L’abonnement aux plateformes était gratuit pendant la crise sanitaire », souligne le Dr Boutin, par ailleurs président du groupement européen des médecins libéraux (EANA). Mais ce n’est pas la seule raison de cet intérêt soudain, puisque « depuis que c’est payant, très peu ont fait le choix de renoncer ». Pour sa part, le médecin des Couronneries fait « quatre à cinq téléconsultations par jour ». Il

Il est essentiel que les prestataires de soins de santé soient en mesure de fournir un service continu et efficace en cas d'imprévu. La télésanté signifie que ceux qui sont forcés de s'isoler peuvent accéder aux soins de praticiens séparés par des milliers de Kilomètres Le Covid-19 a accéléré de nouveaux usages dont la téléconsultation et cela partout dans le monde. Selon Xerfi, les quelque 200 fournisseurs de solutions positionnés en France sont en effet passés d’une situation de sous-usage à une problématique de gestion des débordements. Le marché mondial de la télésanté / télémédecine devrait croître à un TCAC de 37,7% au cours de la période de prévision, pour atteindre 191,7 milliards USD d’ici 2025 contre 38,7 milliards $ estimés en 2020. Les principaux facteurs de croissance de ce marché comprennent la nécessité d’élargir l’accès aux soins de santé, la prévalence croissante des maladies et affections chroniques, une pénurie de médecins, des progrès dans les télécommunications, le soutien et la sensibilisation du gouvernement, et l’adoption croissante de la technologie à la suite du Covid-19. La télésanté est une option efficace pour lutter contre l’épidémie. Les

Un outil de machine learning aide les hôpitaux débordés pour traiter la Covid-19 Technologie : L'outil d'intelligence artificielle d'un hôpital de Barcelone analyse des milliards de données pour prédire les résultats probables des patients L'Espagne a été l'un des pays européens les plus touchés par la pandémie de Covid-19, avec plus de 1,7 million de cas détectés. Malgré la deuxième vague d'infections qui a frappé le pays ces derniers mois, l'hôpital clinique de Barcelone a réussi à réduire de moitié la mortalité parmi ses patients atteints de Covid-19 grâce à l'intelligence artificielle. L'hôpital catalan a mis au point un outil de machine learning qui permet de prévoir quand l'état d'un patient atteint de Covid-19 va se détériorer et comment personnaliser le traitement de cette personne pour éviter le pire. « Lorsque vous avez un seul patient qui est dans un état critique, vous pouvez lui prodiguer des soins particuliers. Mais quand ils sont 700, vous avez besoin de ce genre d'outil », explique Carol Garcia-Vidal, médecin spécialisé dans les maladies infectieuses et chercheuse à l'IDIBAPS, qui a dirigé le développement de l'outil. Administrer des traitements personnalisés Avant la pandémie, l'hôpital

Une étude parue en février 2020 et rédigée par le Ministère de la Santé et la Solidarité a montré qu’il y avait une forte aggravation des déserts médicaux en France depuis quelques années. Un désert médical est une zone géographique dont la densité des professionnels ou des établissements du secteur de la santé est nettement plus faible que dans le reste du pays, de ce fait les habitants n’ont pas accès aux soins ou alors ils doivent attendre trop longtemps pour obtenir un rendez-vous. En 2018, près de 3,8 millions de Français vivaient dans une zone sous-dotée en médecin généraliste, contre 2,5 millions quatre ans plus tôt. Ces déserts médicaux se situent principalement dans le nord de la France et dans certains départements d’outre-mer. Il y a moins d’infrastructures, pas de gares, de commerces, de lieux culturels et donc moins de praticiens. La demande de soins est en hausse, tandis que les disponibilités des médecins sont quant à elles en baisse. En effet, il y a eu une forte vague de départs en retraite des médecins généralistes et ils ne sont pas

Depuis quelques années, la plateforme Doctolib est devenue un outil dont on se sert au quotidien, et c'est encore plus vrai depuis les deux confinements dus au Covid-19. Les téléconsultations ont explosé et Doctolib a été souvent indispensable pour aller se faire tester. Un rendez-vous médical à prendre ? Il suffit maintenant d'attraper son smartphone et en quelques clics, c'est chose faite. C'est ainsi que l'a imaginé puis réalisé le président et fondateur de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau. Dix fois plus de patients utilisent la téléconsultation La plateforme Doctolib sert de support pour la téléconsultation. Cette dernière a été forte pendant les deux confinements. "La téléconsultation est poussée par le ministère depuis 2018. Elle est remboursée au même titre qu'une consultation en présentiel depuis deux ans. Mais dans les dix-huit premiers mois suivant sa mise en place, elle n'a pas décollé. Or, au moment du confinement, il y a eu une généralisation de la téléconsultation : dix fois plus de professionnels de santé l'utilisent, dix fois plus de patients l'utilisent", explique Stanislas Niox-Chateau. Et pour preuve, le patron de Dotolib avance qu'il y a eu "six millions

Vous êtes-vous déjà tourné vers la téléconsultation ? Si la consultation à distance n'est pas née avec la Covid-19, le confinement l'a amplement boostée cette année. Une bonne chose puisque les Français se sentent mieux informés sur le sujet, et appréhendent désormais mieux cette nouvelle pratique qu'ils jugent plus que jamais utile. Consulter un médecin à distance par vidéo grâce à un ordinateur, une tablette, ou un smartphone. Tel est le principe de la téléconsultation, qui est remboursée par l'Assurance maladie. Autant dire que ces consultations d'un nouveau genre ont été particulièrement utiles pendant le confinement cette année; ce qui a permis à chacun d'améliorer ses connaissances en la matière. Sept Français sur dix se disent aujourd'hui bien informés sur la téléconsultation médicale, d'après un sondage mené par Harris Interactive pour Livi. Mais ce qui est encore plus frappant, c'est que les connaissances de chacun ont progressé par rapport à janvier 2020, et davantage encore par rapport à janvier 2019. Il y a près de deux ans, 84% des Français pensaient à juste titre que la téléconsultation était réalisée par un médecin

Pour la Singularity University, la Covid-19 justifie un recours accéléré aux technologies… aux dépens des libertés. Les différentes réactions face à l’épidémie de coronavirus interrogent profondément notre rapport à la liberté. À côté des limitations explicites de nos libertés par les mesures promulguées par le gouvernement – port du masque obligatoire, fermeture des commerces, couvre-feu, confinement –, une autre forme de contrôle a vu le jour, indirecte et plus insidieuse, liée à la diffusion d’une utopie technologique au sein de la société, visible pour le moment notamment via les applications de traçage de la pandémie. Des organisations jouent un rôle clé dans la légitimation de ces nouvelles solutions technologiques. Leur recette : promouvoir des technologies telles que l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les nanotechnologies, comme des outils de lutte efficace contre la crise actuelle d’une part, mais surtout contre toutes les crises à venir. J’ai pu observer l’une de ces organisations, la Singularity University, lors d’un voyage d’étude dans la Silicon Valley. Cette organisation hybride, à la fois think tank, incubateur et organisme de formation, a été créée en 2009 par le futuriste Ray Kurzweil, directeur de

Frappée par un contexte sanitaire et économique défiant toute prévision, l’année 2020 est profondément marquée par la réponse sociétale à une crise sans précédent. La santé, première préoccupation pour 81% Français, devient une urgence absolue et son écosystème se réinvente, recourant de manière inédite au digital pour assurer le suivi des patients. Conçue pour faciliter l’accès aux soins des patients, la télémédecine prend une toute autre dimension en assurant leur suivi régulier.     De ses prémices internationales dans les années 1920 avec la radio comme solution de soin à distance pour les marins, à sa définition dans la loi HPST de 2009 comme « une forme de pratique médicale à distance utilisant les TIC », la télémédecine, qui ne porte pas encore son nom, évolue essentiellement au gré de la technique. Au début des années 2010, les nouveaux enjeux de la santé conduisent les pouvoirs publics à engager une réforme structurelle, afin de répondre, entre autres, à la désertification médicale grâce aux outils numériques. Neuf ans après sa définition législative, la télémédecine entre dans le droit commun, et la téléconsultation connaît sa première révolution. En

LA TÉLÉMÉDECINE S'IMPOSE COMME UNE SOLUTION D'ACCÈS AUX SOINS POUR TOUS EN 2020 Être soigné dignement, rapidement et efficacement : un droit pour tout citoyen français. Accès difficile à un médecin, manque de temps, délai d’attente : multiples sont les raisons qui conduisent un patient à ne pas solliciter d’avis médical. La télémédecine s’inscrit dès lors comme une solution pour accéder aux soins rapidement et sans en altérer la qualité. Alors que la feuille de route numérique de 2019 semblait être un précurseur d’une révolution en marche mais timide, les besoins médicaux inhérents à la crise sanitaire et au confinement ont définitivement ancré la télémédecine comme une alternative de prise en charge rapide : comment pérenniser les avancées et optimiser le recours à la télémédecine ? Le recours à la télémédecine légitimé par ses bénéfices dans un cadre particulier C’est avant tout la reconnaissance des bénéfices de la téléconsultation par de nombreux acteurs pendant la crise sanitaire qui a largement contribué à l’essor de son recours. En premier lieu, les pouvoirs publics ont vu en la télémédecine une solution à l’engorgement des urgences, pouvant représenter des économies pour l’Assurance

La téléconsultation a fait la preuve de son utilité sociale en période de crise sanitaire, en particulier pour le public des seniors. Elle permet en effet leur maintien à domicile tout en assurant leur autonomie le plus longtemps possible.   Un acte de téléconsultation permet de poser un diagnostic, de répondre aux préoccupations du patient âgé et de suivre l'évolution des pathologies chroniques sur le long terme. La consultation à distance facilite ainsi la prise en charge des patients vulnérables et permet de pallier certains coûts comme les déplacements, qui peuvent être onéreux et épuisants pour les plus fragiles. Pourquoi choisir de téléconsulter avec les personnes âgées ? La téléconsultation et plus généralement la télémédecine, présentent d'énormes possibilités chez les personnes âgées. Comme à tous les âges, elle permet d'améliorer l'accès aux soins des personnes les plus isolées, en particulier en milieu rural, lorsque les soins de proximité viennent à manquer. Elle a aussi la particularité de pallier la perte d’autonomie, qui constitue un réel frein à l'accès aux soins. En effet, avec les difficultés de déplacement que rencontrent une majorité d’ainés, nombreux sont ceux qui évitent

Une étude menée par la plateforme de télémédecine Qare, en partenariat avec datacraft et Ekimetrics, analyse avec précision 300 000 téléconsultations réalisées en janvier 2019 et juillet 2020.Quel est le profil des utilisateurs de la téléconsultation ? Et qui a profité en priorité de l’assouplissement du cadre règlementaire décidé en mars dernier en phase d’entrée dans la pandémie de Covid19 ? Au moment où les syndicats de professionnels de santé discutent, dans le cadre conventionnel, des nouvelles modalités de la télémédecine, il apparait essentiel de bien connaitre la structure de ” consommation” de cette nouvelle forme de recours aux soins. C’est dans ce but que la plateforme Qare, l’un des principaux leaders de la téléconsultation, a mené une enquête détaillée, auprès de 2050 praticiens, 180 150 patients, et sur la base de 300 000 téléconsultations. « Notre enquête porte sur une période large, de janvier 2019 à juillet 2020, précise le Dr Julie Salomon, directrice médicale adjointe de Qare. Il faut également tenir compte du fait qu’il ne nous a pas été possible de distinguer les profils de consommation avant et après l’arrivée de la

Maxime Lebigot est infirmier et fondateur de l’Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM). Son analyse et son expérience de la situation permettent de mieux comprendre l’urgence de réformer l’accès aux soins. Pouvez-vous présenter votre métier et votre engagement citoyen ? J’ai 32 ans et je suis infirmier au centre hospitalier de Laval. J’ai fondé l’Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM) en 2016. Je cherchais à l’époque à faire les vaccinations pour mon garçon de 5 mois mais il n’y avait pas de médecin traitant disponible. J’ai appelé l’agglomération, mais aucun médecin ne prenait de nouveaux patients. L’Agence régionale de santé m’a dirigé vers les urgences pédiatriques, mais je n’allais pas les déranger pour une vaccination. J’ai posté un message sur Twitter afin d’interpeler les élus. Un journal a repris le sujet et j’ai été contacté par de nombreuses personnes : on a décidé de se rassembler en association. Nous comptons désormais 532 adhérents et tous les métiers sont représentés : employé de La Poste, soignants, peintre en bâtiment… La parole publique de cette association compte à présent… Nous sommes régulièrement auditionnés à l’Assemblée Nationale pour des

La délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) a présenté le 19 novembre, à l'occasion des "Assises citoyennes du numérique en santé", les résultats d'une enquête menée par Opinion Way révélant notamment que 8 Français sur 10 se déclarent d'ores et déjà favorables à l’utilisation d'un espace numérique de santé (ENS), "sécurisé et éthique". "Les Ateliers citoyens -rassemblant approximativement 200 usagers des services de santé sur tout le territoire- ont mis en évidence des niveaux de connaissance, perception, usages et attitudes variés face au sujet du numérique en santé: périmètre concerné, attentes, interrogations, craintes, qui peuvent porter sur des sujets tels que la confidentialité, le risque de déshumanisation, la complexité de mise en place, l’usage des données, l’accès, etc., associées au projet", a expliqué la DNS dans un dossier de presse diffusé le 19 novembre. Le sondage OpinionWay, qui s'est tenu en ligne "par questionnaire auto-administré" du 17 au 30 juillet 2020, auprès d’un échantillon de 2.100 répondants "représentatifs de la population de France métropolitaine âgée de 18 ans et plus", a permis "de prendre le pouls des usages et des représentations

Pour préserver les droits des femmes concernant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant la crise sanitaire, notamment en dépit des restrictions de circulation, un arrêté a été publié au Journal officiel le 8 novembre dernier. Il leur donne la possibilité de consulter un médecin à distance dans le cadre d’une IVG médicamenteuse. Les hôpitaux sont sous tension, cela n’aura échappé à personne. Malgré tout, la continuité des soins doit être maintenue coûte que coûte. Concernant les IVG chirurgicales, « les professionnels de santé et les établissements concernés sont appelés à s’engager pour assurer leur continuité », rappelle donc le ministère des Solidarités et de la Santé. Et, pour les IVG médicamenteuses, qui peuvent être pratiquées en dehors d’un établissement hospitalier, le gouvernement rend possible, jusqu’à la fin de la septième semaine de grossesse, une consultation médicale à distance. Cette téléconsultation depuis le domicile permet également de « limiter les consultations en milieu hospitalier pour protéger chacun de l’infection [et] justifie d’adapter les modalités pratiques de réalisation de l’IVG par voie médicamenteuse en dehors d’un établissement de santé par les médecins et les sages-femmes », précise le gouvernement. Un délai allongé