Les TCC à l’épreuve de la neurodiversité : une nouvelle vision des objectifs thérapeutiques
La neurodiversité n’est pas un diagnostic Commençons par une clarification qui change tout le reste. La neurodiversité, telle que conceptualisée par Judy Singer à la fin des années 1990 (Singer, 1999, 2017), n’est pas une catégorie clinique. C’est un truisme biologique : la variabilité illimitée de l’organisation fonctionnelle des systèmes nerveux humains, dans laquelle deux cerveaux ne peuvent jamais être exactement identiques. C’est une sous-catégorie de la biodiversité — appliquée non pas aux espèces d’un écosystème, mais à l’ensemble des êtres humains sur la planète Terre. Dit autrement : la neurodiversité n’est pas quelque chose qu’on a. C’est quelque chose qui est. Comme la biodiversité, elle décrit un fait collectif, pas une propriété individuelle. Cette distinction n’est pas sémantique. Elle est structurante en pratique clinique. Le paradigme de la neurodiversité : ce qu’il affirme, ce qu’il conteste Le paradigme de la neurodiversité — à distinguer du fait biologique lui-même — est une position épistémologique (Walker, 2021). Il affirme que la diversité cognitive humaine est fonctionnelle et nécessaire au développement de la société, au même titre que la biodiversité l’est pour les écosystèmes (Kapp, 2020). Ce paradigme soumet les variations neurologiques aux
De l’économie de l’attention à l’économie de l’attachement : reconfiguration des relations humain-machine à l’ère de l’IA
De l’économie de l’attention à l’économie de l’attachement : Reconfiguration des relations humain-machine à l’ère de l’intelligence artificielle Février 2026 Résumé L’essor des systèmes d’intelligence artificielle conversationnelle et des agents autonomes dotés de mémoire persistante et de capacités émotionnelles simulées engage une transformation structurelle des logiques économiques qui régissent l’industrie numérique. Cet article soutient que le paradigme dominant de l’économie de l’attention, théorisé par Herbert Simon (1971) et consolidé par les travaux de Goldhaber (1997) et Wu (2016), cède progressivement la place à une économie de l’attachement, dans laquelle la valeur ne réside plus dans la capture temporelle du regard, mais dans la création de liens affectifs, habituels et quasi-relationnels entre les utilisateurs et les systèmes algorithmiques. Cet article intègre également une analyse des thérapies fondées sur l’inférence active (Friston, 2010 ; Parr et al., 2022), examinant comment le paradigme du cerveau prédictif reconfigure les possibilités et les risques des agents IA à vocation thérapeutique dans le contexte de l’économie de l’attachement. Mots-clés : économie de l’attention, économie de l’attachement, intelligence artificielle, lien affectif humain-machine, inférence active, thérapies assistées par IA, éthique numérique. 1. Introduction La rareté est le fondement
#Santé #mentale en France : une grande cause sans moyens, une urgence sans réponse
1. Un fardeau sanitaire massif et durable La santé mentale constitue aujourd’hui l’un des premiers motifs de morbidité en France. Les troubles psychiques représentent la première cause d’années vécues avec incapacité, devant les maladies cardiovasculaires et les cancers. Ils sont également à l’origine d’un coût socio-économique majeur, estimé à plus de 160 milliards d’euros par an(soins, arrêts de travail, invalidité, perte de productivité). Les indicateurs récents confirment une dégradation continue depuis la pandémie de Covid-19, particulièrement chez : les jeunes adultes (anxiété, dépression, conduites suicidaires), les professionnels de santé, les personnes en situation de précarité sociale. La France reste par ailleurs l’un des pays européens les plus consommateurs d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et d’hypnotiques, traduisant un recours massif à la réponse médicamenteuse face à une offre psychothérapeutique insuffisamment accessible. 2. Une reconnaissance politique tardive mais désormais explicite La désignation de la santé mentale comme Grande cause nationale 2025 (puis 2026) marque une étape symbolique importante. Elle s’inscrit dans la continuité de la feuille de route Psychiatrie et santé mentale (2018-2026), avec une volonté affichée de : renforcer la prévention, améliorer le repérage précoce, structurer des parcours de
Co-évolution Humain-IA : une nouvelle frontière anthropologique
Un tournant anthropologique radical Nous vivons un moment historique singulier où l'espèce humaine a acquis la capacité de réécrire son propre code génétique. Les technologies CRISPR, les thérapies géniques et les avancées en bio-ingénierie nous offrent désormais les moyens d'intervenir directement sur notre substrat biologique. Parallèlement, l'émergence de l'intelligence artificielle redéfinit les contours de notre cognition et ouvre la perspective d'une hybridation profonde entre l'humain et la machine. Ces deux phénomènes convergents inaugurent une forme inédite de co-évolution : non plus la lente adaptation darwinienne aux pressions environnementales, mais une transformation intentionnelle, rapide et potentiellement radicale de ce que nous sommes. Pour la première fois dans l'histoire de la vie sur Terre, une espèce devient l'architecte consciente de sa propre évolution, tout en développant des entités artificielles susceptibles d'évoluer à leurs côtés. Cette perspective soulève une question anthropologique fondamentale : qu'est-ce qui définit l'humain lorsque les frontières entre le biologique et l'artificiel, entre le donné et le construit, deviennent poreuses ? Sommes-nous à l'aube d'une mutation anthropologique aussi profonde que l'émergence du langage ou celle de l'écriture ? La longue histoire de l'externalisation cognitive L'hybridation
Marc Aurèle avait raison : “Le bonheur de ta vie dépend de la qualité de tes pensées”
Lorsque Marc Aurèle, empereur romain et philosophe stoïcien, écrit : « Le bonheur de ta vie dépend de la qualité de tes pensées », il ne formule pas seulement un conseil moral — il décrit une réalité psychologique que la science confirmera près de deux mille ans plus tard. Aujourd’hui, les neurosciences et la psychologie montrent que notre dialogue intérieur ne se contente pas de colorer notre expérience — il la crée. Notre façon de penser façonne littéralement la chimie, la structure et le fonctionnement de notre cerveau. La sagesse antique Le stoïcisme enseigne que les événements extérieurs échappent à notre contrôle, mais pas l’interprétation que nous en faisons. Pour Marc Aurèle et les autres Stoïciens, la paix intérieure ne résidait pas dans l’absence d’épreuves, mais dans la maîtrise de notre perception. Dans Pensées pour moi-même, il écrit : « Si quelque chose extérieur te cause de la peine, ce n’est pas la chose en elle-même qui te trouble, mais le jugement que tu portes sur elle ; et tu as le pouvoir de le révoquer à tout moment. » Cette idée résume l’un des principes psychologiques
#Psychose IA : quand #chatGPT devient un #miroir #hallucinatoire
Qu’est-ce que la psychose IA ? Depuis 2025, des cliniciens alertent sur un phénomène émergent : des patients développent des symptômes psychotiques après une utilisation intensive de chatbots avancés. Ce trouble, appelé psychose IA, illustre les risques psychologiques liés aux interactions prolongées avec l’intelligence artificielle et spécifiquement les chatbots reposant sur les grands modèles de langage (LLM). La psychose IA désigne une perte de contact avec la réalité déclenchée ou aggravée par l’usage intensif de systèmes conversationnels. Les conséquences peuvent être sévères : isolement, rupture sociale, hospitalisation, voire comportements dangereux.⚠️ Si vous avez des pensées suicidaires ou traversez une crise : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide. Ce service est gratuit, confidentiel et disponible 24h/24 et 7j/7. Les mécanismes psychologiques impliqués Le 12 août 2025, le psychiatre chercheur Keith Sakata de l’Université de Californie à San Francisco a alerté sur les réseaux sociaux : il a observé 12 hospitalisations en lien direct avec ce qu’il décrit comme une perte de contact avec la réalité déclenchée par l’usage de chatbots alimentés par de puissants modèles de langage. Miroir hallucinatoire et sycophantie algorithmique Le
#Chatbots de de #santé #mentale en 2025 : analyse #Europe versus #USA
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La santé mentale en france en 2025
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Pourquoi chatGPT est-il un (très) mauvais psychothérapeute ?
1. Limites cognitives, techniques et structurelles des IA génératives Les modèles de langage comme ChatGPT sont des algorithmes probabilistes de génération textuelle, sans conscience ni “esprit” propre. Ils traitent le langage en prédisant statistiquement le mot suivant, pas en comprenant un sens profond (Bender & Koller, 2020). Ils n’ont pas de cognition incarnée (pas de corps ni d’expérience sensorielle réelle) ni d’émotions authentiques, donc ils ne peuvent pas véritablement ressentir de l’empathie ou percevoir le patient dans sa globalité (Priestley, 2023). Depuis le programme ELIZA (Weizenbaum, 1966), on sait qu’un logiciel peut donner l’illusion de compréhension sans en avoir réellement. En d’autres termes, ChatGPT « mime » l’empathie et la compréhension, mais sans présence humaine ni subjectivité. Pas de conscience, ni de “psyché” propre (Priestley, 2023). ChatGPT « ne pense pas ce qui est le mieux pour l’utilisateur, seulement comment le garder engagé » (Østergaard, 2025). Pas d’intuition clinique ni perception des signaux non verbaux (intonation, posture, micro-expressions). Apprentissage sur données passées → reproduction de biais présents dans les corpus d’entraînement (Chen et al., 2024). Pas de supervision humaine, ni de suivi
#Therabot : un #chatbot #IA qui améliore la #dépression, l’#anxiété et les #troubles alimentaires
Une méthodologie rigoureuse pour des résultats probants Des chercheurs de l’université de Dartmouth ont publié les résultats du premier essai clinique de Therabot, un chatbot thérapeutique basé sur l’intelligence artificielle, dans le New England Journal of Medicine AI (27 mars 2025). Publiée le 27 mars dans le New England Journal of Medicine AI, l’étude a porté sur 106 participants répartis sur l’ensemble du territoire américain, tous diagnostiqués avec un trouble dépressif majeur, un trouble anxieux généralisé ou un trouble de l’alimentation (TCA). Chaque participant a eu accès à Therabot via une application mobile, avec la possibilité d’engager une interaction de manière autonome ou de répondre à des sollicitations. Le LLM a été optimisé pour le dialogue en santé mentale. Les résultats obtenus sont significatifs : L’étude menée auprès de 106 participants souffrant de dépression majeure, d’anxiété généralisée ou de troubles de l’alimentation révèle des réductions significatives des symptômes : 51 % pour la dépression, 31 % pour l’anxiété, 19 % pour les préoccupations liées au poids et à l’image corporelle. Les participants ont utilisé Therabot via une application mobile pendant quatre semaines. Les échanges ont été
Concertation sur la Stratégie nationale « #Intelligence #artificielle au service de la #santé »
Consultation publique du 1er juillet au 22 septembre 2025 Dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé et en articulation avec la stratégie nationale sur les données de santé, le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles lance une concertation publique autour de la future stratégie « Intelligence artificielle au service de la santé ». L’objectif est clair : permettre un déploiement structuré, éthique, responsable et sécurisé de l’intelligence artificielle dans le système de santé français. Cette stratégie vise à renforcer la qualité des soins, soutenir les professionnels, optimiser les organisations et améliorer l’efficience globale du système. Le document mis en concertation s’appuie sur un travail de coconstruction engagé dès janvier 2025 avec l’ensemble des parties prenantes (professionnels de santé, patients, industriels, chercheurs, usagers, institutions) réunies au sein d’un groupe de travail du Conseil du Numérique en Santé. Il identifie quatre grandes priorités : - Clarifier et adapter le cadre réglementaire et éthique des systèmes d’IA en santé - Évaluer les systèmes d’IA de manière rigoureuse, sur leurs bénéfices cliniques, organisationnels et économiques - Accompagner les professionnels dans leur appropriation
Plongée lucide dans la nuit mentale : une lecture de « Intérieur nuit » de Nicolas Demorand
Avec Intérieur nuit (Les arènes, 2025), Nicolas Demorand, figure bien connue du paysage médiatique français, quitte le registre de l’information pour livrer un texte brut, dense et frontal sur l’effondrement psychique. Ce récit autobiographique, qui s’ouvre sur une hospitalisation en service psychiatrique, nous entraîne dans une traversée sans fard de la maladie mentale, vécue de l’intérieur. Ce n’est pas une confession, encore moins une quête de rédemption, mais une mise à nu lucide et courageuse. Demorand décrit sans détour la dépression sévère, les états dissociatifs, l’épuisement nerveux. Il parle d’angoisse, de perte de sens, de vacillement identitaire — autant de réalités cliniques rarement formulées avec une telle précision et une telle intensité littéraire. Mais au-delà du témoignage personnel, Intérieur nuit interroge les causes systémiques de la souffrance mentale. L’auteur montre comment le culte de la performance, la surcharge cognitive, la tyrannie de l’image et le silence autour de la fragilité masculine ont contribué à sa chute. Ce qui frappe, c’est la manière dont le récit déconstruit les récits habituels de résilience. Pas de glorification du « retour à soi », pas de
#Stratégie nationale en matière d’#intelligence #artificielle et d’utilisation secondaire des #données de #santé
Le ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, a réuni ce 1er juillet un Comité stratégique exceptionnel pour annoncer les premières étapes de la stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle et d’utilisation secondaire des données de santé. Une gouvernance simplifiée et consultative pour les données de santé La France se dote d’un Forum des parties prenantes inspiré du modèle prévu dans le cadre du règlement pour un espace européen des données de santé (EEDS), permettant d’associer l’ensemble des parties prenantes aux décisions stratégiques concernant l’usage des données de santé en France. Cette instance stratégique permettra de faire dialoguer producteurs et ré-utilisateurs de données, en associant l’ensemble des acteurs aux orientations nationales à travers des collèges consultatifs : établissements de santé, professionnels de santé, recherche publique, industriels et filières, patients et usagers. « L’Europe s’est dotée d’une stratégie ambitieuse en matière d’utilisation secondaire des données de santé. La stratégie nationale en la matière permettra un partage efficient et une meilleure valorisation des données de santé, qui sont un maillon essentiel pour la recherche pharmaceutique : c’est un enjeu de souveraineté et de compétitivité
Un regard #éthique sur les nouveaux outils d’assistance #digitale en #médecine
Corinne Grenier, Kedge Business School; Angélique Chassy, EM Normandie, Jérôme Béranger, Inserm, Dr Antoine Poignant, Connected Doctors. À l’image des chatbots, les nouveaux outils numériques en santé modifient la prise en charge des patients. Leurs promoteurs vantent l’aide qu’ils apportent au médecin qui se consacre davantage à la consultation. Pour garantir un usage éthique, l’humain doit demeurer l’agent central dans l’exercice de la médecine digitale. Progressivement, les outils numériques dédiés à la santé se sont imposés dans notre vie quotidienne. Les lois de 2018 et 2019 ont intégré la télémédecine dans le cadre légal pour favoriser l’innovation et améliorer l’accès aux soins. La crise sanitaire du Covid-19, durant laquelle les Français se sont familiarisés avec les outils numériques en santé, a marqué une nouvelle étape. Aujourd’hui, le plan « Ma Santé 2022 » réaffirme le rôle clé qu’ils entendent jouer dans la réduction des inégalités d’accès aux soins. Et si on en croit l’édition 2024 de l’Observatoire du numérique en santé d’Harris Interactive, 78 % des Français jugent positivement le développement des technologies numériques dans le domaine de la santé. Certains Français experts du numérique, d’autres avec une
#IA et dispositifs d’aide à la #décision #médicale : quels #retours des #usages ?
Giulia Anichini, Inserm Des enquêtes de terrain mettent en lumière les limites comme les atouts d’outils d’aide à la décision médicale basés sur l’intelligence artificielle (IA) utilisés, par exemple, pour mieux détecter des lésions cancéreuses par imagerie médicale, évaluer un traitement dans la sclérose en plaques ou encore livrer un « deuxième avis ».. Les outils d’intelligence artificielle (IA) pour la médecine sont entourés de beaucoup de promesses. Celles-ci sont nombreuses : on attribue aux technologies d’IA la capacité de standardiser les pratiques et de dépasser la variabilité inhérente à chaque observateur et entre deux observateurs différents, de suppléer à des manques d’expertise ou de fournir une solution aux « déserts médicaux », d’empêcher les erreurs diagnostiques par le dépassement des faiblesses humaines comme la fatigue, de mieux affiner la personnalisation des prises en charge… [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] Qu’en est-il de ces promesses quand elles sont mises au défi des usages ? Qu’elle est la vision des professionnels confrontés à l’introduction de ces technologies ? Quels sont les freins qui entravent leur intégration en
Près d’un Français sur deux peine à comprendre et à utiliser les #informations de #santé
Julien Mancini, Aix-Marseille Université (AMU); Cécile Allaire, Santé publique France; Géraldine Cazorla, Aix-Marseille Université (AMU) et Rajae Touzani, Aix-Marseille Université (AMU) L’étude Health Literacy Survey (HLS 2020-2021), première du genre en France révèle que 44 % des adultes en France ont des difficultés à accéder, comprendre, évaluer et utiliser les informations de santé. Cette enquête souligne également que ces difficultés pourraient avoir un impact négatif sur les comportements et l’état de santé des personnes concernées. Vous vous êtes peut-être déjà senti perdu face à des informations en lien avec votre santé, qu’il s’agisse de comprendre comment vous protéger d’une maladie donnée, utiliser le système de santé, ou utiliser les outils numériques, entre autres. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul dans ce cas. En effet, un Français sur deux éprouve de telles difficultés. C’est ce que révèle une enquête internationale sur la « littératie en santé », concept qui recouvre les connaissances, compétences, motivation et capacité d’un individu à accéder, comprendre, évaluer et utiliser des informations de santé afin de prendre des décisions pour promouvoir sa santé. Un problème qui n’est pas
#SantéMentale : attention à l’effet de mode et à la banalisation
Simone Biles fait partie des personnalités populaires qui n’hésitent pas à évoquer leur santé mentale. En 2021, c’est pour la préserver qu’elle avait choisi de se retirer du concours par équipes lors des JO de Tokyo. Lionel Bonaventure/AFP Antoine Pelissolo, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) La question des troubles de santé mentale semble avoir envahi médias et réseaux sociaux ces dernières années. Rien d’étonnant : la pandémie de Covid-19 est passée par là, faisant exploser les problèmes psychiques. Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle de « santé mentale » ? Qu’est-ce qui entre dans la catégorie des troubles ? Qui est concerné ? Faisons le point. Érigée en « grande cause nationale » pour l’année 2025, la santé mentale sort enfin du silence dans lequel elle est plongée depuis trop longtemps, entre fausses représentations, peurs diverses ou déni plus ou moins généralisé. De fait, les troubles de santé mentale semblent aujourd’hui (un peu) plus faciles à évoquer dans l’espace public et dans la sphère privée, au point d’ailleurs que l’augmentation des demandes de consultations se heurte de plus en plus à l’insuffisance de l’offre dans ce domaine. Toutefois, le
Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques en santé mentale »
Dans le cadre du Plan Dispositifs Médicaux Innovants France 2030, le Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques en santé mentale » vise à faire émerger des technologies de santé numériques innovantes en santé mentale et en psychiatrie. L’objectif est également d’assurer l’accès aux dispositifs médicaux numériques permettant de répondre aux besoins (non couverts ou partiellement couverts) des patients, des aidants et des professionnels pour la prévention, le diagnostic, la prise en charge, le suivi et le rétablissement dans le champ de la santé mentale. La méthodologie d’élaboration du plan d’actions du Grand Défi a permis de faire émerger un ensemble de propositions d’actions suite à l’audition de 153 acteurs et en concertation avec le comité d’experts du Grand Défi « DM Numériques en santé mentale » mis en place début 2024. Dans la lignée de tous les travaux menés sur le numérique en santé par la Délégation au numérique en santé (DNS), il est co-construit avec les acteurs de l’écosystème sans qui l’Etat ne pourrait avancer avec la même ambition. Cette transformation nous engage collectivement : opérateurs, territoires, professionnels et établissements, entreprises du secteur et citoyens. Ce Grand
17 et 18 octobre 2024 • FORMATION • Santé, Innovation & Marketing Digital • 2 jours d’immersion •
17 & 18 octobre 2024FORMATION • 2 jours d'immersion à Paris"Santé, Innovation & Marketing Digital" PUBLICS CONCERNÉS Cette formation pourrait vous intéresser si vous êtes : Directeur général Directeur des stratégies Directeur business excellence Directeur de la communication, marketing et ventes Directeur ou responsable e-business Directeur ou responsable e-detailing Directeur ou responsable des relations extérieures Directeur ou responsable des affaires publiques Assureur santé, réseau de soins Association de patients… Inscriptions et renseignements via le formulaire ci-dessous Tarif individuel en inter pour les deux jours incluant repas et pauses : 1980€ HT La formation se déroulera à l’hôtel Millenium Opera, 12 bd Haussman, 75009. [wpforms id="7463"] 1ère journée 09:00 - 09:30 Introduction Tour de table : présentation des participants, des besoins, rappels des objectifs et auto positionnement 09:30 - 10:00 Disruption digitale : quelles opportunités pour l'industrie pharma ? Dr Antoine POIGNANT - Médecin et anthropologue, Fondateur de Connected Doctors et actuellement impliqué dans les stratégies digitales de l'industrie pharmaceutique (télémédecine, télésurveillance et IA générative). La santé numérique : chiffres clés, marché des apps, terminaux mobiles L'émergence des « e-patients » : du Dr Google à la médecine participative BlockChain santé, IA générative, algorithmes : quelles sont les tendances émergentes ? Exposé participatif sur la disruption digitale Questions réponses
IA et parcours patient selon la CNAM
Les outils d’intelligence artificielle : une transformation profonde des pratiques, de la prise en charge et du système de santé Définition et impact potentiel L’intelligence artificielle (IA) est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé comme : « une branche de l'informatique, des statistiques et de l'ingénierie qui utilise des algorithmes ou des modèles pour effectuer des tâches et présenter des comportements tels que l'apprentissage, la prise de décision et les prédictions ».350 Une très grande variété de systèmes utilisant l’intelligence artificielle sont en cours de développement dans le secteur de la santé. L’impact potentiel des systèmes à base d’IA sur le parcours des patients est majeur et totalisant (Figure ci dessous). Ainsi, une attention particulière doit être portée à ces innovations dont l’utilisation pourrait redéfinir la pratique et la place des professionnels de santé dans le parcours et la relation de soins. Un fort besoin d’évaluation clinique et de preuves scientifiques Le processus d’évaluation des systèmes d’IA est particulièrement exigeant. Actuellement, la majorité des publications scientifiques relatives aux systèmes d’IA relèvent de la « validation analytique », mais leurs résultats d’efficacité sont marqués par
Comment les #neurosciences expliquent-elles la #conscience ?
Laure Tabouy, Université Paris-Saclay La conscience est une notion des plus compliquées et des plus complexes. Compliquées, car difficile à comprendre et complexes, car elle comporte en soi plusieurs éléments imbriqués, la rendant difficile à saisir. Faisons un tour d’horizon succinct de trois théories « rivales » aujourd’hui défendues par des scientifiques. Selon la définition du Larousse, la conscience est la « connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur ». Il est important de distinguer plusieurs types de conscience. La conscience spontanée ou immédiate est liée à l’expérience et tournée vers le monde extérieur. Elle renvoie à la présence de l’individu à lui-même au moment où il pense, sent ou agit. La conscience réfléchie est la capacité de faire un retour sur ses propres pensées ou actions et de les analyser. Enfin, le mot « conscience » peut aussi désigner notre capacité de jugement moral qui met en jeu le bien et le mal, sens qui ne renvoie pas à ce qui nous intéresse ici. Est-on sur le point de découvrir la signature de la conscience ? Les progrès des neurosciences,
Voici comment notre #alimentation peut prévenir – ou aggraver – les risques de #dépression
Bien manger -et éviter les aliments ultratransformés- aident à prévenir l'une des maladies mentales les plus répandues: la dépression.Shutterstock Ana Belén Ropero Lara, Universidad Miguel Hernández Les maladies mentales atteignent des proportions pandémiques dans le monde, exacerbées par l’autre pandémie, celle de Covid-19. Parmi elles, la dépression est l’une des plus répandues. Quel rôle notre alimentation joue-t-elle dans sa prévention ? Il est bien connu qu’une mauvaise alimentation est un facteur de risque majeur pour les maladies dites non transmissibles. Elles sont responsables de 7 décès sur 10 dans le monde. Parmi celles-ci, les maladies cardiovasculaires et le cancer sont les principales. Mais cela ne s’arrête pas là. Les nutriments sont impliqués dans toutes les fonctions biologiques et, à ce titre, ils participent au fonctionnement du système immunitaire, du système nerveux, de la production d’énergie, etc. Ainsi, même si cela peut paraître surprenant au premier abord, l’alimentation a également une incidence sur notre santé mentale. En 2014 déjà, des études indiquaient qu’une alimentation saine était associée à un risque moindre de dépression. En 2018, de nouvelles études ont confirmé cette relation. Ces résultats ont été obtenus
FAIRE DE LA #SANTÉ #MENTALE UNE GRANDE #CAUSE NATIONALE
Lors de son discours de politique générale fin janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé vouloir faire de la Santé mentale de la jeunesse la Grande Cause de son action gouvernementale. Allons encore plus loin en faisant de la Santé mentale de tous une Grande Cause nationale. Santé mentale et santé physique sont indissociables ; elles doivent être prises en compte, chez chaque individu, de manière globale. Méconnue du grand public, souvent stigmatisée au travers des troubles psychiatriques, considérée comme complexe par les professionnels de santé et le monde politique, la santé mentale ne fait pas assez l’objet d’actions de sensibilisation et de prévention. Pour dépasser ces représentations collectives et enfin agir, une large campagne d’information s'impose. Les crises récentes (sanitaire, économique, géopolitique, environnementale) ont imposé le sujet de la santé mentale, notamment celle des jeunes et des enfants, comme un enjeu sociétal majeur. Avec l’explosion des gestes suicidaires, des troubles dépressifs et anxieux, la détresse s’observe dans toutes les sphères de la société, à l’école, au travail, dans notre vie sociale et familiale. Notre santé mentale peut se dégrader ou s’améliorer,