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De l’économie de l’attention à l’économie de l’attachement : Reconfiguration des relations humain-machine à l’ère de l’intelligence artificielle Février 2026 Résumé L’essor des systèmes d’intelligence artificielle conversationnelle et des agents autonomes dotés de mémoire persistante et de capacités émotionnelles simulées engage une transformation structurelle des logiques économiques qui régissent l’industrie numérique. Cet article soutient que le paradigme dominant de l’économie de l’attention, théorisé par Herbert Simon (1971) et consolidé par les travaux de Goldhaber (1997) et Wu (2016), cède progressivement la place à une économie de l’attachement, dans laquelle la valeur ne réside plus dans la capture temporelle du regard, mais dans la création de liens affectifs, habituels et quasi-relationnels entre les utilisateurs et les systèmes algorithmiques. Cet article intègre également une analyse des thérapies fondées sur l’inférence active (Friston, 2010 ; Parr et al., 2022), examinant comment le paradigme du cerveau prédictif reconfigure les possibilités et les risques des agents IA à vocation thérapeutique dans le contexte de l’économie de l’attachement. Mots-clés : économie de l’attention, économie de l’attachement, intelligence artificielle, lien affectif humain-machine, inférence active, thérapies assistées par IA, éthique numérique. 1. Introduction La rareté est le fondement

1. Un fardeau sanitaire massif et durable La santé mentale constitue aujourd’hui l’un des premiers motifs de morbidité en France. Les troubles psychiques représentent la première cause d’années vécues avec incapacité, devant les maladies cardiovasculaires et les cancers. Ils sont également à l’origine d’un coût socio-économique majeur, estimé à plus de 160 milliards d’euros par an(soins, arrêts de travail, invalidité, perte de productivité). Les indicateurs récents confirment une dégradation continue depuis la pandémie de Covid-19, particulièrement chez : les jeunes adultes (anxiété, dépression, conduites suicidaires), les professionnels de santé, les personnes en situation de précarité sociale. La France reste par ailleurs l’un des pays européens les plus consommateurs d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et d’hypnotiques, traduisant un recours massif à la réponse médicamenteuse face à une offre psychothérapeutique insuffisamment accessible. 2. Une reconnaissance politique tardive mais désormais explicite La désignation de la santé mentale comme Grande cause nationale 2025 (puis 2026) marque une étape symbolique importante. Elle s’inscrit dans la continuité de la feuille de route Psychiatrie et santé mentale (2018-2026), avec une volonté affichée de : renforcer la prévention, améliorer le repérage précoce, structurer des parcours de

Un tournant anthropologique radical Nous vivons un moment historique singulier où l'espèce humaine a acquis la capacité de réécrire son propre code génétique. Les technologies CRISPR, les thérapies géniques et les avancées en bio-ingénierie nous offrent désormais les moyens d'intervenir directement sur notre substrat biologique. Parallèlement, l'émergence de l'intelligence artificielle redéfinit les contours de notre cognition et ouvre la perspective d'une hybridation profonde entre l'humain et la machine. Ces deux phénomènes convergents inaugurent une forme inédite de co-évolution : non plus la lente adaptation darwinienne aux pressions environnementales, mais une transformation intentionnelle, rapide et potentiellement radicale de ce que nous sommes. Pour la première fois dans l'histoire de la vie sur Terre, une espèce devient l'architecte consciente de sa propre évolution, tout en développant des entités artificielles susceptibles d'évoluer à leurs côtés. Cette perspective soulève une question anthropologique fondamentale : qu'est-ce qui définit l'humain lorsque les frontières entre le biologique et l'artificiel, entre le donné et le construit, deviennent poreuses ? Sommes-nous à l'aube d'une mutation anthropologique aussi profonde que l'émergence du langage ou celle de l'écriture ? La longue histoire de l'externalisation cognitive L'hybridation

Lorsque Marc Aurèle, empereur romain et philosophe stoïcien, écrit : « Le bonheur de ta vie dépend de la qualité de tes pensées », il ne formule pas seulement un conseil moral — il décrit une réalité psychologique que la science confirmera près de deux mille ans plus tard. Aujourd’hui, les neurosciences et la psychologie montrent que notre dialogue intérieur ne se contente pas de colorer notre expérience — il la crée. Notre façon de penser façonne littéralement la chimie, la structure et le fonctionnement de notre cerveau. La sagesse antique Le stoïcisme enseigne que les événements extérieurs échappent à notre contrôle, mais pas l’interprétation que nous en faisons. Pour Marc Aurèle et les autres Stoïciens, la paix intérieure ne résidait pas dans l’absence d’épreuves, mais dans la maîtrise de notre perception. Dans Pensées pour moi-même, il écrit : « Si quelque chose extérieur te cause de la peine, ce n’est pas la chose en elle-même qui te trouble, mais le jugement que tu portes sur elle ; et tu as le pouvoir de le révoquer à tout moment. » Cette idée résume l’un des principes psychologiques

Qu’est-ce que la psychose IA ? Depuis 2025, des cliniciens alertent sur un phénomène émergent : des patients développent des symptômes psychotiques après une utilisation intensive de chatbots avancés. Ce trouble, appelé psychose IA, illustre les risques psychologiques liés aux interactions prolongées avec l’intelligence artificielle et spécifiquement les chatbots reposant sur les grands modèles de langage (LLM). La psychose IA désigne une perte de contact avec la réalité déclenchée ou aggravée par l’usage intensif de systèmes conversationnels. Les conséquences peuvent être sévères : isolement, rupture sociale, hospitalisation, voire comportements dangereux.⚠️ Si vous avez des pensées suicidaires ou traversez une crise : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide. Ce service est gratuit, confidentiel et disponible 24h/24 et 7j/7. Les mécanismes psychologiques impliqués Le 12 août 2025, le psychiatre chercheur Keith Sakata de l’Université de Californie à San Francisco a alerté sur les réseaux sociaux : il a observé 12 hospitalisations en lien direct avec ce qu’il décrit comme une perte de contact avec la réalité déclenchée par l’usage de chatbots alimentés par de puissants modèles de langage. Miroir hallucinatoire et sycophantie algorithmique Le

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Une méthodologie rigoureuse pour des résultats probants Des chercheurs de l’université de Dartmouth ont publié les résultats du premier essai clinique de Therabot, un chatbot thérapeutique basé sur l’intelligence artificielle, dans le New England Journal of Medicine AI (27 mars 2025). Publiée le 27 mars dans le New England Journal of Medicine AI, l’étude a porté sur 106 participants répartis sur l’ensemble du territoire américain, tous diagnostiqués avec un trouble dépressif majeur, un trouble anxieux généralisé ou un trouble de l’alimentation (TCA). Chaque participant a eu accès à Therabot via une application mobile, avec la possibilité d’engager une interaction de manière autonome ou de répondre à des sollicitations. Le LLM a été optimisé pour le dialogue en santé mentale. Les résultats obtenus sont significatifs : L’étude menée auprès de 106 participants souffrant de dépression majeure, d’anxiété généralisée ou de troubles de l’alimentation révèle des réductions significatives des symptômes : 51 % pour la dépression, 31 % pour l’anxiété, 19 % pour les préoccupations liées au poids et à l’image corporelle. Les participants ont utilisé Therabot via une application mobile pendant quatre semaines. Les échanges ont été