Connected Doctors #Covid_19 : Le #Patient Parisien , l’#Infirmière #Volontaire et #Emouvante

#Covid_19 : Le #Patient Parisien , l’#Infirmière #Volontaire et #Emouvante

Une infirmière d’un établissement de santé du pays de Brest a répondu à l’appel aux volontaires pour aider les hôpitaux d’Ile-de-France débordés.
Sa première journée a été un cauchemar !

 

En pleine crise sanitaire du coronavirus, une infirmière (1) qui travaille au sein établissement de santé du Pays de Brest, s’est portée volontaire pour venir en aide aux hôpitaux parisiens débordés. Elle nous raconte sa première journée, éprouvante. Jeudi 2 avril 2020, elle a débarqué dans un hôpital débordé face à l’afflux de patients, où personne ne l’attendait et où le matériel manque.

« C’est terrible ! Inimaginable ! Tout est fait dans la précipitation. La désorganisation est totale ! Au départ, on partait pour trois jours. Après, on nous a dit peut-être six. À Paris, ils pensent qu’on va rester un mois. On ne sait pas…

Tout s’est enchaîné très vite. Lundi, par le biais du volontariat, ma direction nous a proposé d’aller à Paris. J’ai immédiatement postulé. Les hôpitaux parisiens ont besoin de renfort. C’est normal de les aider alors que dans la région brestoise, la situation est plutôt calme pour l’instant.

J’ai bénéficié d’une formation coronavirus. Ce sont surtout des règles d’hygiène pour l’habillage, le déshabillage et la désinfection.

« Personne ne m’attendait. On ne savait pas qui j’étais ! »

Mardi soir, avec plusieurs collègues, on a appris qu’on partait le lendemain. Le mercredi, on a pris le train. On a eu connaissance de nos affectations au fur et à mesure. La mienne, je l’ai apprise cinq minutes avant d’arriver en gare.

Je suis logée dans un hôtel, à une demi-heure en voiture de l’hôpital. Un hôtel correct même s’il n’y a qu’un four micro-ondes pour tout l’établissement. Le soir, des personnels de mon centre hospitalier d’affectation sont venus nous expliquer notre mission.

Mais, le jeudi matin, sur place, personne ne m’attendait. On ne savait pas qui j’étais ! Mais comme un soignant venait d’être arrêté (maladie), on m’a dit de m’habiller. J’ai été mise dans le bain tout de suite.

C’est un service reconverti en unité de médecine pour des malades Covid-19 dans un état stable. Ils ne sont pas intubés mais beaucoup ont des lunettes à oxygène pour les aider à respirer.

« Avec si peu de matériel, on avance très lentement »

Des chambres ont été ouvertes en urgence. Alors même qu’elles n’étaient pas équipées, des patients y ont été mis. Mais elles n’ont pas de matériel à oxygène.

On manque de tout ! Dans le service, in n’y a qu’un seul thermomètre, un seul tensiomètre, un seul ordinateur ! C’est fou ! Avec si peu de matériel, on avance très lentement. Les masques sont rationnés, distribués au compte-gouttes. On nous demande de mettre des masques chirurgicaux alors qu’il nous faudrait des FFP2. On commence à être en rupture de surblouses. Il n’y a pas assez d’antibiotiques. Tous les soins ne peuvent être assurés, faute de matériel ou de temps.

Les personnels sont débordés. C’est la panique ! Un patient nous a été amené vers 12 h. On ne l’a su qu’à 19 h. Il est resté seul durant cinq heures ! Il aurait pu mourir sans que personne ne s’en aperçoive…

Je n’ai pas mangé de la journée, sauf une compote. J’espérais un plateau-repas mais je n’en ai pas vu la couleur. J’ai pu m’asseoir dix minutes. Je n’ai pas pu boire, faire pipi. Je n’ai pas vu le jour…

« Ça va être dur de garder le moral »

Même si ce n’est pas mon domaine de spécialité, j’ai appris sur le tas. On m’a dit que je l’étais bien débrouillée.

Les infirmières sont très sympas mais on sent qu’elles ont baissé les bras. Les personnels sont dépassés. Même les médecins, qui découvrent en urgence une autre spécialité que la leur. Des manips radios travaillent comme aides-soignantes.

Les patients, on les voit peu. J’ai pu discuter avec un seul.

Les conditions de travail sont dures, mais on peut faire avec. C’est surtout les conditions d’accueil qui me pèsent. J’étais pleine de bonne volonté, mais elle est un peu cassée après cette première journée. Ça va être dur de garder le moral. »

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