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#Téléconsultation, la parole aux #Patients

Pour gagner du temps, accéder à un professionnel éloigné, éviter de se rendre aux urgences ou parce que se déplacer était compliqué, ils ont fait appel à la téléconsultation. En France, la consultation à distance est prise en charge par l’Assurance maladie comme une consultation classique depuis septembre 2018.

La téléconsultation, ce que vous en pensezPrès de 80 000 patients en ont bénéficié l’an dernier. Avec satisfaction, en complément des consultations en cabinet, témoignent tous ceux que nous avons rencontrés.

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• « À la pharmacie  de quartier »

– Florentine et Marceau

Inutile de prendre rendez-vous pour rejoindre la borne de téléconsultation installée dans l’espace de confidentialité de la pharmacie, guidé au besoin par un préparateur formé. Tout y est connecté: thermomètre, tensiomètre… Marceau Baum-Gertner, 68 ans, l’a utilisée lors d’une allergie à un traitement. « Je suis arrivé à la pharmacie en début de soirée. À cette heure, consulter en ville est impossible. L’avis médical à distance m’a permis d’être soigné tout de suite », explique-il.

Pour Florentine Mahinmi, 58 ans, aide-soignante, c’était au retour d’un séjour en Afrique. « J’avais de la fièvre, je pensais au palu. Mon médecin traitant était absent, la pharmacienne m’a proposé une consultation en ligne. Je voyais le médecin sur un écran, nous parlions comme au cabinet. Il m’a prescrit des médicaments et des examens. Je recommencerai sans hésiter, d’autant qu’avec mes horaires, 8h-20h, consulter est compliqué. » Florentine est retournée chez son médecin traitant résultats d’analyses en main. « J’ai gagné du temps! » Un service qu’elle a conseillé à ses enfants.

Plutôt réfractaire au départ, Cécile Gallet, pharmacienne  à Rosny-sous-Bois, a changé d’avis depuis qu’elle propose ce service facturé 3€ au comptoir: « Jusque là, face à un client avec une douleur, une fièvre ou une ordonnance périmée, nous ne pouvions qu’orienter vers les médecins du quartier, débordés. La téléconsultation assure le relais en douceur. » Elle se dit rassurée: « Je suis sûre que la personne sera vraiment soignée et qu’elle n’encombrera pas les urgences inutilement. »

Plusieurs centaines de pharmacies sont équipées. 25% des officines envisagent de s’y mettre rapidement.

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• « Chez moi, un jour de grosse fièvre »

– Catherine

Catherine Bouret, 70 ans, se souvient de ce jour de grand vent décrété « alerte orange » pour risque d’éboulement dans sa région. Impossible de mettre le nez dehors avec la forte fièvre qui l’épuisait.

« J’habite dans la montagne corse, à quarante-cinq minutes de route du premier médecin, quand la voie est libre. Je n’aurais pas pu prendre la voiture dans mon état. » Elle cherche alors sur internet, via la plate-forme Qare (2), un médecin disponible en e-consultation, qui la contacte dans la demi-heure.

« Il m’a posé les mêmes questions que si nous étions dans un cabinet médical: quels symptômes, depuis quand, mes antécédents… C’était bizarre de discuter ainsi à distance, mais je me suis sentie écoutée. Il m’a prescrit des antibiotiques. » L’ordonnance est arrivée instantanément par e-mail. « J’ai trouvé cela simple et pratique! J’ai réglé par carte bancaire, 25€ remboursés par l’Assurance maladie. » Son fils a bravé la tempête pour apporter les médicaments.

Catherine était soulagée: « Je le referai sans hésiter pour les urgences. Pour le reste, même avec trois heures d’attente au cabinet, je préfère quand même voir mon généraliste qui me connaît. »

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• « Dans la résidence services où nous habitons »

– Denise et Gérard

Denise Rigoin est de retour depuis deux semaines dans son Calais natal après des années dans l’Oise. Désormais veuve, elle se sentait seule et un peu inquiète dans son pavillon. Son nouvel appartement, dans une résidence services de Domitys donne accès à une cabine de télémédecine équipée d’outils connectés et d’un écran pour voir le médecin. Denise vient de l’utiliser. « C’est confortable! J’avais peur de mauvais chiffres de tension, avec l’effet nouveauté, mais non, mon bilan est bon », se réjouit la dynamique octogénaire, qui aime chanter, marcher et l’aviron en salle.

« La cabine est assez vaste pour ne pas se sentir étouffée, une petite vidéo explique comment utiliser les outils et où glisser la carte Vitale. C’est très simple! » poursuit-elle.

Gérard Demazeux, 83 ans, ex-analyste programmeur, amateur de bonnes blagues dont il fait profiter ses voisins de résidence, partage cet enthousiasme. « J’ai une petite insuffisance respiratoire. Généralement, je consulte au cabinet de mon médecin, même si c’est parfois difficile d’avoir un rendez-vous. Il me suit depuis douze ans. Mais en cas de bronchite, c’est rassurant d’avoir un avis médical rapide. D’autant que le médecin à distance a accès à mon DMP (NDLR: dossier médical personnel), donc il connaît bien ma situation sur le plan de la santé. » Une démarche que Denise élargirait bien aux médecins spécialistes, pour le moment indisponibles ici: Pour consulter un cardiologue, si je me sens patraque et que les délais d’attente sont trop longs en ville, ce serait aussi une solution… »

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• « Sur mon lieu de travail » 

– Sterenn

Au siège social de la Matmut, à Rouen, une cabine médicale est à la disposition des 1500 salariés depuis l’été 2019. Sterenn Jouran, 40 ans, y est venue pour soigner une cystite. « J’ai réservé mon créneau sur intranet, rejoint l’infirmerie où la cabine est installée dans un coin discret, inséré ma carte Vitale et tout de suite, j’ai été mise en lien par visioconférence avec un médecin, témoigne-t-elle. Il m’a demandé de prendre ma tension, ma température frontale, il pouvait voir les résultats en direct, c’était bluffant! »

Elle est ressortie avec l’ordonnance imprimée sur place et a pu acheter le médicament à la pause de midi. « Cela m’a évité huit heures de douleurs et de courir consulter après le travail en traînant mon petit garçon. » La mise en place de la cabine, votée à l’unanimité par la direction et les élus du personnel, est plébiscitée par les utilisateurs, une cinquantaine chaque mois.

« 98% le recommandent à leurs collègues, 100% sont prêts à recommencer et pour 60% d’entre eux, cela évite de renoncer aux soins ou de s’automédiquer« , indique Guillaume Buiron, de la Matmut. Les médecins, des généralistes, notamment en fin de carrière, exerçant par ailleurs en cabinet, sont recrutés par le prestataire H4D, qui vient aussi d’installer une télécabine à Le Favril, une commune d’Eure-et-Loir, à la mairie cette fois!

• Pour qui, pour quoi, comment?

– Pour tout patient, sans limite d’âge.

– Pour une urgence, un avis postopération, un suivi de maladie chronique…

– Avec un médecin généraliste ou spécialiste.

– Par téléphone, tablette, ordinateur, cabine équipée d’une web-cam.

– Même prise en charge que pour une consultation classique, réglée en ligne, par chèque, tiers payant. La feuille de soins est éditée et transmise par le médecin à l’Assurance maladie.

– En alternance avec des consultations en vis-à-vis au cabinet médical. 

Source https://www.notretemps.com/sante/actualites-sante/teleconsulation,i212728

Auteur :  Agnès Duperrin