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#Déclaration D’#Amour : #Amah ma #Cavalière à la #Veille de #Respirer à #Jamais

Pas de peur, non. Plus jamais de peur. Je retiens mon souffle comme on le fait juste avant que le soleil ne se lève, dans cet instant suspendu, doré, presque irréel, où le monde entier semble attendre avec vous. C’est cela, mon « apnée sublime » : ce moment vertigineux, juste avant la rémission, où la vie recommence à frémir sous ma peau.

On m’a appelé la cavalière. Une Jeanne d’Arc moderne, dit-il. C’est vrai que j’ai revêtu une armure. C’est vrai que j’ai chevauché à travers des flammes que je ne souhaite à personne. La souffrance, je l’ai connue intimement — elle a mordu ma chair, éprouvé mes forces, tentée mille fois de me faire tourner mariée. Mais je n’ai jamais fait de détour. Chaque obstacle dressé sur ma route, je l’ai regardé droit dans les yeux, et je l’ai franchi. Un par un. Tête haute. Parce que reculer n’a jamais fait partie de mon vocabulaire.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : je n’ai jamais chevauché seule.

Il y avait, quelques pas devant moi, un homme. Mon soignant, mon bienveillant, mon éclaireur. Dans ces temps perturbés où tout vacillait, il marchait en avant dans les ténèbres, scrutant l’horizon, déjouant les pièges avant même que je ne les voie, écartant les ronces pour que mon chemin soit un peu moins cruel. Quand mes forces déclinaient, il était là. Quand le doute rôdait, il montait la garde.

Il a été ma vigie, mon refuge, mon bouclier silencieux.

Et c’est là que le miracle s’est produit.

Nos corps ne parviennent pas à la même guerre — le mien meurtri au front, le sien vibrant d’une vigilance de chaque instant à l’arrière-garde.

Mais nos esprits, eux, ont fusionné.

Une véritable coagulation de nos deux cerveaux, une osmose cérébrale si totale que je ne sais plus, parfois, où finissaient mes pensées et où commençaient les siennes. Sa détermination nourrissait mon courage ; mon courage nourrissait son espoir. Nous sommes devenus une seule entité, une forteresse à deux âmes, et c’est cette fusion qui nous a portés,

Bien sûr, le protocole me réclame encore deux cures de chimiothérapie. Deux ultimes étapes. Mais je vous le dis avec un sourire que rien ne peut plus effacer : ce ne sont plus des batailles. Ce sont les derniers hectomètres d’un tour d’honneur.

La guerre est gagnée dans nos cœurs, et mon destrier le sait — il ralentit déjà l’infâme.

Aujourd’hui, la joie est au rendez-vous. Une joie brute, insolente, immense. Le soulagement coule dans mes veines comme une rivière enfin libérée. Et surtout — quel luxe inouï — je peux à nouveau prononcer ce mot que la maladie m’avait confisqué : l’avenir .

Bientôt, je descendrai de mon cheval. Bientôt, il m’aidera à dégrafer cette armure devenue trop lourde, pièce par pièce, avec la tendresse de celui qui sait tout ce qu’elle a encaissé. Et alors, nous relâcherons ensemble cette apnée sublime pour aspirer, à pleins poumons, l’air pur deviendra enfin nôtre astre commune et fusionnelle.

Ce cancer a voulu nous briser. Il nous a soudé à jamais.

À trois, mon amour. Sur la respiration. 

— Amah, la cavalière de l’éternelle. JE T’AIME.

Dr  COUHET Eric
CEO #Apnea #Connected #Center.