Ambulatoire #ConnectedDoctors #Association : Yann Bubien, un visionnaire 3.0

#ConnectedDoctors #Association : Yann Bubien, un visionnaire 3.0

A travers les systèmes d’informations, l’outil numérique était jusqu’ici uniquement perçu sous l’angle du reporting de l’activité de soin. Il a bouleversé les usages de la communauté hospitalière à travers le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

 

 

Le monde de la santé fait aujourd’hui face aux prémices de sa seconde révolution numérique. Via l’utilisation de la télémédecine et des équipements médicaux connectés (balances, tensiomètres, solutions pour gérer le diabète, etc.), l’exercice médical sera confronté de plein fouet à la technologie numérique. Ces nouveaux outils s’imposeront comme les rouages d’une médecine du XXIe siècle, enrichie en données, prédictive et personnalisée.

Pourtant la communauté hospitalière reste réticente à cette évolution. Mais si l’Hôpital, – et en particulier ses médecins – ne s’en saisit pas, cette (r)évolution se fera sans lui. Si le passage à la médecine numérique représente un investissement financier pour les structures, un autre bouleversement de la communication, moins coûteux, est en cours : l’émergence des réseaux sociaux.

 

CHU Conseil surveillance
CHU Conseil surveillance

À première vue, l’usage des Twitter, Facebook, LinkedIn, et autres social media pourrait apparaître comme accessoire, voire même inadapté à l’institution hospitalière. La menace de conflits, avec d’un côté les échanges communautaires, et de l’autre le respect de la protection des données, n’est pas négligeable. Le « biohacking » c’est-à-dire le piratage des données numériques du corps, cristallise l’ensemble de ces peurs.

Ces risques ne doivent pourtant pas occulter les avantages notables que les réseaux sociaux peuvent apporter au patient, au médecin, et à l’institution dans sa globalité. À la différence des autres modes de communication, ils ont la faculté de toucher tous les types de population, du grand public au spécialiste. Par leur instantanéité et leur simplicité, ils servent un triple objectif :

•  Ils assurent un lien réciproque entre l’hôpital et la cité. De l’hôpital vers la cité, en informant l’usager et la presse locale de la politique de l’établissement, des offres de recrutement, de données en santé publique ou même d’un besoin ponctuel de ?nancement via le mécénat. Mais également de la cité vers l’hôpital, l’usager disposant ainsi d’un espace informel pour faire remonter ses impressions et suggestions.

•  Les réseaux sociaux permettent également de bâtir une communauté de partage scientifique. Les jeunes médecins demandent de nouvelles formes d’interactions afin de pouvoir échanger de façon plus directe de la connaissance et du savoir-faire. Le tutorat numérique et les réseaux sociaux dédiés au corps médical, sont des vecteurs d’avenir de la formation des médecins.

•  Enfin, un réseau social dédié aux agents hospitaliers fédérerait l’ensemble des personnels soignants et non soignants autour d’une culture commune d’établissement. Il pourrait aussi constituer un outil de management participatif, par la création d’un lien d’appartenance ou « team building« .

 

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Si le Tweet est certes instantané, une ré?exion en amont sur son but et sa cible est nécessaire pour éviter l’effet contre productif : « le bad buzz« . L’hôpital doit ainsi mettre en œuvre une stratégie de communication digitale basée sur la réalisation de ses objectifs. Un établissement hospitalier, devrait non pas opposer les différents médias, mais être un « hub » entre tous les supports de communication, traditionnels et numériques. Les instances de représentation des usagers, comme les CRUQPC**, pourraient ainsi béné?cier de la dynamique « réseaux sociaux ». Sur cette thématique, le milieu hospitalier se doit de mettre en place des espaces d’animation et des lieux de partage d’expérience.

Partant de ce constat, le CHU d’Angers a décidé d’organiser les rencontres Hospilike. Plus qu’un simple choix, la présence des hôpitaux dans les « social communities » relève désormais d’une nécessité.

*Yann Bubien est directeur du CHU d’Angers.
** CRUQPC : Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de la Prise en Charge.

Note de la rédaction : Merci à notre ami Yann Bubien, membre éminent de #ConnectedDoctors , un visionnaire 3.0 pour l’hôpital de demain.

What’s up doc | numéro 22 | octobre 2015 | Par Yann Bubien* | Tribunes