Back To Top

#Ménopause et #Apnée du #Sommeil : #Sortir du #Silence et des #Préjugés

On entend souvent dire que l’apnée du sommeil est une pathologie « masculine », associée au cliché du ronfleur bruyant qui s’étouffe la nuit. Cette représentation, très ancrée dans l’imaginaire collectif et même dans certaines pratiques médicales, est pourtant devenue un piège. Chez les femmes, l’apnée du sommeil emprunte des chemins bien plus silencieux, et pourtant tout aussi dévastateurs pour la santé à long terme.

Quand les symptômes trompent le diagnostic

Si le ronflement est un signe classique, il n’est pas systématique chez la femme. Le Syndrome d’Apnées-Hypopnées Obstructives du Sommeil (SAHOS) se manifeste chez elles par une constellation de symptômes qui sont trop souvent isolés ou attribués à d’autres causes :

  • Fatigue chronique et épuisement inexplicable.
  • Insomnies d’endormissement ou de maintien.
  • Réveils fréquents avec sensation de ne pas avoir récupéré.
  • Troubles de l’humeur, irritabilité ou symptômes dépressifs.
  • Difficultés de concentration (« brouillard mental »).
  • Maux de tête matinaux.

Parce que ces signes évoquent souvent le stress, la dépression ou les bouleversements liés à la vie quotidienne, l’apnée du sommeil est fréquemment sous-diagnostiquée ou traitée tardivement chez les femmes.

Le tournant hormonal : la périménopause et la ménopause

Le rôle des hormones dans la protection des voies respiratoires est un domaine de recherche clé. La progestérone, en particulier, semble jouer un rôle stimulant sur les muscles dilatateurs des voies aériennes supérieures.

À l’approche de la ménopause, la chute de la production de progestérone et d’œstrogènes bouleverse cet équilibre. Les voies respiratoires deviennent potentiellement plus vulnérables à l’affaissement pendant le sommeil. Cette période de transition hormonale est donc un moment critique où le risque d’apnée peut augmenter significativement, même chez les femmes qui n’avaient aucun trouble respiratoire auparavant.

Pourquoi ne plus banaliser ?

Il est impératif de cesser de tout mettre sur le compte de la « ménopause » ou du simple vieillissement. Une fatigue persistante qui résiste au repos n’est pas une fatalité.

Ignorer une apnée du sommeil, c’est exposer son organisme à des hypoxies (manques d’oxygène) répétées durant la nuit. Sur le long terme, cela augmente les risques de maladies cardiovasculaires (hypertension, troubles du rythme cardiaque, AVC) et de désordres métaboliques.

La marche à suivre : être actrice de sa santé

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, voici quelques étapes pour avancer :

  1. Notez vos symptômes : Tenez un petit journal de votre sommeil pendant une semaine (heure de coucher, réveils, sensation au réveil, niveau d’énergie en journée).
  2. Parlez-en clairement : Lors de votre consultation, n’hésitez pas à aborder le sujet spécifiquement. Dites : « Je me sens épuisée malgré des nuits qui semblent suffisantes, est-ce qu’on peut écarter une apnée du sommeil, même si je ne ronfle pas fort ? »
  3. Demandez un examen adapté : Le questionnaire de sommeil classique (type score d’Epworth, souvent basé sur la somnolence diurne forte) n’est pas toujours adapté aux femmes. Demandez si une polygraphie ventilatoire, réalisable à domicile, pourrait être pertinente pour poser un diagnostic fiable.

La reconnaissance des signes spécifiques à la physiologie féminine est une étape indispensable pour permettre aux femmes de bénéficier d’une prise en charge adaptée et de retrouver la qualité de sommeil à laquelle elles ont droit.

 

Dr  COUHET Eric
CEO #Apnea #Connected #Center.