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Données de santé : IMS Health, création de modèles « prescriptifs »

Données de santé: il faut investir dans la création de modèles « prescriptifs » (IMS Health)

La « vraie question » en matière de données de santé est de passer de l’analyse prédictive à l’analyse « prescriptrice », et c’est dans celle-ci que l’investissement a « le plus de valeur aujourd’hui », a estimé le directeur consulting et services d’IMS Health France, Jean-Marc Aubert.

 

IMS-Health

« Je ne pense pas qu’il faille investir dans la récupération de nouvelles données », a ajouté le dirigeant, qui s’exprimait le 12 janvier dans le cadre des « Amphis de la santé », coorganisés par l’Essec, le Quotidien du médecin et l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) sur le thème « Données de santé: du big data au smart data ».

Il y a actuellement beaucoup de données, mais le problème est que celles-ci sont « peu triées et peu connectées » entre elles, a expliqué le dirigeant d’IMS.

Jean-Marc Aubert a affirmé que « l’idée d’avoir des bases uniques est complètement dépassée ». Il a donné l’exemple de l’identifiant de sécurité sociale qui permet de connecter des données provenant de sources différentes.

Il a considéré que les régulateurs ont « du mal » à accepter des résultats d’essais cliniques constitués avec du « big data », alors que l’intégration de ces données aux essais a du sens car elle permet d’aller chercher la valeur « en vie réelle ».

Ces régulateurs « commencent déjà à être en retard », ce qui pose le problème majeur de la « validation des algorithmes » par ces derniers. Une homologation de ces protocoles serait une nécessaire étape vers une prise en compte du « big data » dans les procédures.

« On va devoir accepter des prescriptions » basées non seulement sur l’expérience scientifique mais aussi sur les données, a-t-il ajouté.

Sur le plan de l’éthique, « la vraie question » est celle de la responsabilité. La demande d’usage explicite de données a un coût, qu’il a jugé exorbitant. Mais si la population a l’impression que l’usage de ses données de santé n’est « pas éthique, pas claire », cela va bloquer le processus car le « frein majeur » du « big data » est la difficulté d’accès à ces données.

« Il faut être transparent », a affirmé Jean-Marc Aubert.

DES PARTENARIATS A VENIR POUR IMS HEALTH

IMS Health, a pour objectif de créer des liens entre les bases de données pour des applications allant de la R&D au marketing, a expliqué son directeur consulting et services. « Nous avons fait de grosses plateformes » de données avec nos partenaires, a-t-il poursuivi. Les sources de ces données sont notamment les payeurs, les essais cliniques et les professionnels de santé.

IMS Health « essaie de récupérer les dossiers médicaux des hôpitaux » et « essaie de mettre en place un réseau virtuel de données entre les hôpitaux » dans le domaine de l’oncologie.

Jean-Marc Aubert a déclaré que son entreprise avait pu augmenter la « force de vente » d’un produit de 20% grâce à certains modèles statistiques, notamment dans les pathologies complexes afin d’identifier le médecin prescripteur.

A l’avenir, il y aura « bien évidemment des partenariats » entre son entreprise et d’autres acteurs car « il y a des données récupérées par certains qui seront nécessaires à d’autres ». « Aujourd’hui, on ne peut pas juste être IMS producteur de données »: il faut aussi les récupérer, notamment auprès d’acteurs qui n’en sont pas propriétaires, comme les médecins.

La « capacité à créer des partenariats larges » est « importante », a jugé le dirigeant, pronostiquant qu’il y aurait « très probablement » un jour « des partenariats entre IMS et Google » pour récupérer les données issues des réseaux sociaux.

« Nous sommes optimistes sur notre capacité » à affronter la concurrence, a déclaré Jean-Marc Aubert.

Les données de santé font l’objet d’un article du projet de loi de santé (actuellement examiné par le Conseil constitutionnel), rappelle-t-on. Il introduit dans le code de la santé publique un titre consacré à « la mise à disposition des données de santé » issues des bases médico-administratives, et crée un Institut national des données de santé (INDS) qui prendra la suite du groupement d’intérêt public « Institut des données de santé » (GIP-IDS, mis en place en 2007), futur guichet unique pour l’accès aux données (cf APM VG3NMQM0R et APM VG5NYOBZN).