L’édito d’Eric Couhet, un médecin connecté
SANTE CONNECTEE : la consultation médicale devient connectée Depuis vingt ans, je suis un médecin généraliste de campagne, un véritable médecin de brousse, une espèce en voie de disparition non protégée. Je travaille sans relâche mais avec toujours la même passion dans mon désert médical qui est désormais connecté. Depuis quelques mois, je suis un médecin connecté ! J’utilise dans ma pratique médicale quotidienne des objets connectés : balance , tensiomètre, glucomètre et oxymètre, tous sans fil se connectent via bluetooth sur l’écran de ma tablette. Ce sont pour la plupart des produits iHealth certifiés dispositifs médicaux, CE et FDA, ce qui n’est pas systématique avec les gadgets santé/bien- être qui fleurissent autour des smartphones. Les objets que j’utilise sont simples, beaux, ludiques et intuitifs rendant ainsi la consultation interactive et fluide. Le patient visualise en même temps que moi les données recueillies, le partage de l’information est complet. L’objet ne s’interpose pas dans la relation médecin / patient, il devient complice permettant même des échanges supplémentaires. Lors d’une prise de tension artérielle, je peux échanger avec mon patient, c’est du temps médical gagné. La consultation médicale est ainsi connectée
Droit vers la mort du médecin de campagne
C’est un fait, le système de santé de la France est en crise. A commencer par la médecine généraliste dont l’effectif de 54 000 praticiens aujourd’hui, risque de chuter à 31 000 en 2025. Difficile à gérer, prenante, chargée de responsabilités et pas assez rémunérée, la médecine généraliste suscite de moins en moins de vocations, notamment chez les étudiants qui la méconnaissent et dont ils ont peur. Les médecins manquent donc partout, même dans les villes. Mais les victimes principales restent les banlieues défavorisées et les zones rurales. Ce refus de la médecine rurale est étroitement lié au problème de la démographie médicale puisque 50 % d’entre nous partiront en retraite d’ici cinq à dix ans, sans personne pour nous remplacer ou prendre la relève. Nous travaillons dix à douze heures par jour, un week-end sur deux. Pour ma part, je prends seulement trois semaines de vacances par an et je dois prévoir mon remplacement un an à l’avance… Cette problématique n’est pas récente mais elle s’est considérablement aggravée ces dernières années. Plutôt que de tout visser, l’Etat devrait nous donner les moyens de pratiquer notre métier