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#Sommeil 3.0 – Les #Psychotropes et l’#Apnée #Centrale

Effets des antidépresseurs sur le sommeil et la respiration

Les antidépresseurs, classe de médicaments psychotropes très couramment prescrits (plus d’un Français sur 5 en a déjà pris), agissent principalement sur des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine.

Ils sont utilisés pour traiter la dépression, l’anxiété, les troubles obsessionnels compulsifs, certaines douleurs neuropathiques, et même certains troubles du sommeil.

Cependant, leur effet sur la respiration nocturne est complexe et potentiellement problématique :

  • Ils peuvent provoquer des épisodes d’apnée centrale du sommeil (ACS) : Les centres respiratoires situés dans le tronc cérébral contrôlent la respiration en stimulant le mouvement respiratoire et en adaptant sa fréquence en fonction des besoins en oxygène. Certains antidépresseurs peuvent déprimer ou perturber ces centres, réduisant ainsi leur capacité à réguler la respiration. Cela peut entraîner des pauses respiratoires involontaires pendant la nuit, caractéristique de l’ACS.
  • Impact des benzodiazépines :Utilisées notamment pour traiter l’anxiété et l’insomnie (ex : Xanax, Valium), ces médicaments partagent des effets dépressifs sur le système respiratoire.Leur action relaxante augmente la tonicité des muscles de la gorge, ce qui peut provoquer un blocage des voies respiratoires.Elles peuvent également réduire la réponse des centres respiratoires à l’hypoxie ou à l’accumulation de dioxyde de carbone, augmentant ainsi le risque d’événements respiratoires durant le sommeil.

 

Impact secondaire : prise de poids et SAHOS

Un autre effet secondaire important est la prise de poids, fréquente avec certains antidépresseurs et benzodiazépines. Cette prise de poids peut directement favoriser le développement de l’apnée obstructive du sommeil (SAHOS), une pathologie caractérisée par des arrêts involontaires de la respiration durant la nuit, dus au relâchement excessif des muscles de la gorge et à un rétrécissement des voies respiratoires.

Le SAHOS est une pathologie sous-diagnostiquée, touchant près de 5% des Français. Lorsqu’il est présent, il peut entraîner fatigue excessive, troubles cardiovasculaires, hypertension, et une qualité de vie dégradée. La relation entre prise de poids, médicaments et l’aggravation de cette maladie est donc une préoccupation importante.

Impacts spécifiques et recommandations

  • Les benzodiazépines, bien que souvent prescrites pour lutter contre l’insomnie ou l’anxiété, peuvent aggraver ou déclencher un SAHOS en relaxant trop les muscles de la gorge, voire en déprimant les centres respiratoires, surtout à doses élevées ou en utilisation prolongée.
  • Les antidépresseurs aussi peuvent augmenter le risque de troubles respiratoires pendant le sommeil, principalement par leur effet dépresseur sur le système nerveux central.
  • Il est crucial pour toute personne souffrant ou suspectant une apnée du sommeil, ou qui doit prendre ces médicaments, de discuter avec leur médecin pour évaluer le rapport bénéfice-risque. Des ajustements de traitement ou des mesures complémentaires (perte de poids, utilisation de dispositifs CPAP, etc.) peuvent être nécessaires.

En résumé :

  • Certains antidépresseurs peuvent provoquer ou aggraver l’apnée du sommeil par une action dépressive sur les centres respiratoires ou par augmentation de la prise de poids.
  • Les benzodiazépines partagent également ces risques, tout en étant couramment prescrites pour des troubles du sommeil.
  • La prise en compte de ces effets secondaires est essentielle dans la gestion globale du patient, notamment si l’on détecte ou suspecte une apnée du sommeil.

 

A MEDITER 

Partagez votre expérience , l’humain avant tout , car la médecine est une aventure humaine unique.

Dr  COUHET Eric
CEO #Apnea #Connected #Center