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#SantéConnectée : La #PatienteExperte , #Actrice de santé publique selon #EmmanuelMacron et #ConnectedDoctors

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#EmmanuelMacron aux patients-experts – Les (bonnes) mutations en médecine et en politique.

Le nouveau président français a été influencé par les idées du philosophe Paul Ricoeur dont il a été l’assistant. Dans un article paru au moment de l’élection (1), Michel Eltchaninoff relève que pour Macron, tout aussi éloigné du modèle ultralibéral que du collectivisme uniformisant, l’enjeu n’est pas d’apporter la même chose à tous, c’est de fournir à chacun ce dont il a besoin.
Il pense que « la politique consiste à donner aux personnes la capacité de développer leurs potentialités » et préfère, s’agissant d’une ligne de conduite, l’équité à l’égalit tut crin.
« Je ne crois pas, dit-il, que la politique doive promettre le bonheur, car elle ne peut tout régir ou tout améliorer. Elle doit plutôt permettre à chacun de trouver sa voie, de devenir le maître de son destin.
Considérant ce qui précède en pensant aux buts de la médecine, je trouve frappantes les analogies. Mettez médecine à la place de politique et cela marche (cela « colle »). Le médecin ne peut tout régir, il est là pour permettre aux patients qui le consultent de développer au mieux leurs potentialités (cas échéant celles qui leur restent), d’être mieux maître de leurs choix (même si ces derniers sont limités).
Dans le dernier bulletin de l’Ordre national français des médecins, on trouve un texte du Prof. Jean-François Delfraissy, nouveau président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Il a vécu de près l’épopée du sida depuis son émergence au début des années 1980 : « Nous avons été une génération de jeunes médecins faisant face à quelque chose de radicalement nouveau : il n’y avait plus d’un côté ceux qui savaient et de l’autre le malade. Il y avait des patients acteurs de leur santé et soutenus par des associations [non-médicales].
Du jamais vu.» Comme médecin cantonal, j’ai vécu intensément cette période.
De ce phénomène de désécurisation d’une médecine d‘abord impuissante a découlé une évolution comparable à ce que le président français veut aujourd’hui en politique. Delfraissy à nouveau : «  La dimension technique de notre métier est essentielle mais il reste incomplet si nous ne sommes pas capables d’écouter les personnes et plus largement la société civile. »
#EmmanuelMacron ne veut pas voir le citoyen comme un administré mais comme un acteur à part entière.
On a actuellement dans la pratique médicale et des soins un même mouvement, mettant l’accent sur le partenariat entre soignés et soignants et sur la décision partagée.
Autre développement : en France, des Universités des patients (UDP) (3) se sont mises à former des patients-experts : des malades chroniques qui, forts de leur expérience (que l’université ambitionne de transformer en expertise), mettent ce vécu au profit d’autres malades (s’agissant de diabète, sclérose en plaques, insuffisance rénale, cancers…).
Celle de Paris a été la première, en 2010, puis sont venues Marseille et Grenoble. La formation ouvre aux patients-experts des possibilités de se réinsérer socialement et professionnellement.
Un conseil d’ #EmmanuelMacron en conclusion : « Nous sommes comme recroquevillés sur nos passions tristes, la jalousie, la défiance, la désunion [qu’il voudrait remplacer par] les grandes passions joyeuses, par la liberté, le savoir, l’universel ». On lui souhaite de réussir.

 

1.Article de M. Eltchaninoff. Journal Le Point, Paris, 27 avril 2017, p. 46-48.

« Le simple patient a sa place dans la réflexion éthique ». Médecins (Bulletin de l’Ordre national des médecins, Paris), mars-avril 2017, no 48, p. 32.

« Patients-experts, vers un nouveau métier ? ». Médecins, no 48, p. 8-9

Dr Eric COUHET : Président et Fondateur de #ConnectedDoctors

Nous l’avons déjà vu par le passé avec l’approche révolutionnaire en matière de traitement du diabète du stylo que NovoNordisk® mais s’intéresser de près au patient peut permettre de faire la différence. Le laboratoire générique Mylan®, leader en France, s’est aussi penché de près sur le packaging orienté patient avec le succès que l’on lui connait.
En effet, celui que l’on pourrait penser au cœur de toutes les préoccupations du système de santé a longtemps été l’absent de marque des réflexions stratégiques.
Pourtant, propriétaire de ses données médicales dont il a été dépossédé, pourtant libre du choix de son praticien, il a longtemps été exclu par son absence de pouvoir décisionnel et une médecine hippocratique descendante dans laquelle le professionnel de santé était le seul détenteur d’un savoir quasi-ésotérique aux yeux du profane.
Il se rendait chez son médecin, se faisait ausculter, repartait avec son ordonnance et/ou son arrêt de travail, si l’on caricature. En un mot, il obéissait à son praticien de santé.
Aujourd’hui, et même si les études sur le sujet démontre que le médecin reste aux yeux des patients LE professionnel de confiance, la démocratisation des TIC (technologies de l’information et de la communication) et par conséquent l’accès facilité aux informations relatives à son état de santé, le patient est mieux informé et confronte le professionnel à diverses problématiques.
Premièrement, les sources d’informations sont plus ou moins fiables, plus ou moins anxiogènes, et le médecin doit déjà faire le tri dans les informations délivrées par le patient.
Deuxièmement, le patient chronique, qui se lève et se couche avec sa maladie, devient expert et se renseigne de manière si précise qu’il peut parfois prendre au dépourvu son professionnel de santé.

médecin patient

Si l’on caricature, il y a parfois un peu de ça :

« MAIS QUE PENSEZ-VOUS DU DISCOURS DU PR TARTANPION DONNÉE LA SEMAINE DERNIÈRE À TOKYO ? »….

Tout ceci conduit inévitablement le médecin à devoir se montrer encore plus convaincant, à mieux expliquer ses choix.
La relation est une relation de co-construction, le médecin doit maintenant faire adhérer le patient à son projet de soins, le rassurer.
En conséquence, le médecin doit créer un cadre propice à l’échange et à la confiance avec son patient. Il se doit d’être plus attentif, plus empathique (je vous invite à consulter la thèse de Mlle Zambrano Marion sur les effets de l’empathie dans le cadre de suivi de diabétiques).
Capture-d’écran-2015-02-05-à-16.03.49Nous, les membres de #ConnectedDoctors, considérons que l’avènement des patients connectés ne sera qu’un pas de plus dans cette direction et que celui-ci sera de plus en plus un acteur responsable de sa santé, un acteur de santé à part entière.
Avec la santé connectée, le patient redevient propriétaire de ses données, il peut monitorer ses données et se quantifier au quotidien, il redevient la pièce maitresse dans un système de santé plus uniquement tourné vers le soin et vers l’aigu.

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