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Professeur Bernard Debré – Le rapport du Professeur Didier Sicard

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Il est très important de lire avec attention ce rapport.

Tout d’abord, il est dû à un homme d’une très grande pondération qui a été président du Comité consultatif national d’éthique, qui a été chef de service à l’hôpital Cochin et qui a marqué son temps par l’intelligence qu’il rayonnait et par le travail qu’il effectuait.

Ce rapport est équilibré.

En premier lieu, il insiste sur la fin de vie à l’hôpital. On sait maintenant que la plupart des Françaises et des Français terminent leur vie à l’hôpital, ce qui n’était évidemment pas le cas il y a quelques dizaines d’années. Cette fin de vie est toujours difficile, parfois douloureuse, souvent isolée.

La loi Leonetti, qui a été analysée dans ce rapport, est une loi importante et qui a abordé les véritables problèmes.

Didier Sicard en est parfaitement conscient et demande à juste titre qu’elle soit mieux connue, plus distribuée au niveau médical et même au niveau des Français car cette loi, sans résoudre tous les problèmes, en résout une grande partie.

Didier Sicard insiste de façon importante et justifiée sur le fait que l’on n’a pas le droit de laisser un homme, une femme, mourir à l’hôpital seul, dans la souffrance et que nous avons l’obligation de l’aider à ne pas souffrir même si, et cette phrase est importante, les médicaments qu’on lui administre pour qu’il ou elle ne souffre pas, accélère le terme de son existence.

Il s’agit là d’une intentionnalité fondamentale, celle de ne pas laisser souffrir, avec une conséquence toute aussi fondamentale, celle de l’aider à mourir.

Didier Sicard a demandé à juste titre que dans les études médicales, il puisse y avoir une information, un enseignement au niveau des jeunes étudiants, des internes et même des chefs de clinique, sur cette période extrêmement délicate qu’est le soin donné au malade en fin de vie.

En effet, il est difficile, même pour un médecin chevronné, d’entamer un dialogue avec celui qui va partir. Il est difficile d’entamer un dialogue avec sa famille qui, quelquefois, n’accepte pas la fin de vie d’un proche, mais ce dialogue est pourtant nécessaire.

Il n’est jamais étudié, enseigné à la faculté.

Le rapport insiste sur la nécessaire création d’unités de fin de vie sans en faire la panacée, bien entendu. Ces unités sont tellement peu nombreuses que cela en devient indécent.

Je suis tout à fait d’accord avec le fait que Didier Sicard refuse l’euthanasie active, cet acte brutal qui met fin à une vie.

Il n’est pas possible qu’un Etat décide d’accepter cette forme de fin de vie. Certes, d’autres Etats l’ont acceptée. Ce n’est pas une raison pour que nous l’acceptions.

Non à l’euthanasie active ! Oui au soulagement des souffrances, même si cela peut entrainer une fin de vie plus précoce.

Quant au suicide assisté, je n’ai pas encore bien compris ce qu’a dit Didier Sicard.

Il sera nécessaire que nous discutions ensemble, à l’Assemblée nationale et peut-être même plus encore avec les Françaises et les Français, de cette notion qui me semble extrêmement ambiguë.

Mais ce rapport a le mérite d’exister, de venir conforter la loi que nous avons votée en 2005.

A nous maintenant, à l’Assemblée nationale et ailleurs, d’ouvrir cette discussion qui est fondamentale pour la dignité de notre nation

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